Il était une fois (tous les contes commencent ainsi), il était donc une fois un prince qui souhaitait épouser une vraie princesse.
Après avoir fait le tour de la terre, il ne l’avait toujours pas rencontrée car il était très difficile et voulait une princesse parfaite. Désespérant trouver sa chère moitié, il retourna alors dans sa ville (l’histoire ne dit pas s’il s’est mis au lit pour oublier son chagrin).
Et voilà qu’un soir d’orage, une fille dégoulinante d’eau de pluie frappe à la porte, se présentant comme une vraie princesse. La mère du prince ne pipe mot, mais ôte la literie de la chambre à coucher, place un petit pois sur le sommier, repose dessus vingt matelas et vingt édredons en plumes d’eider. Sur ce, la princesse va se coucher. Le lendemain, quand on lui demande comment elle a dormi, elle se met à geindre : « Et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, et j’étais couchée sur quelque chose d’horriblement dur, et j’ai des bleus partout, et j’ai des noirs partout, et patati et patata… » Tous reconnurent alors que c’était une véritable princesse, puisqu’elle avait la peau si sensible !
Et le prince l’épousa.
Mon ami Hans m’a expliqué ensuite que le message de son conte était hautement philosophique…
Moi, qui suis plus prosaïque, je lui ai répondu en toute franchise (et ça l’a un peu vexé) que la vieille reine était probablement un peu avaricieuse et avait placé sur le lit de la princesse des matelas de bien mauvaise qualité. Un seul bon matelas aurait amplement suffi pour se débarrasser d’une bru si capricieuse, non ?
L’histoire ne dit pas non plus si le prince a longtemps supporté la princesse...