Tous les conseils du Litier concernant la literie et le sommeil
page précédente - page suivante
.jpg)
Quoi d’étonnant qu’Hypnos (le Sommeil) soit le fils de Nyx, la Nuit ? Et, selon Homère dans l’
Iliade, le frère jumeau de Thanatos (la Mort), puisque sur les tombeaux il symbolise le sommeil éternel ?
Considéré comme le gardien de la nuit, Hypnos est celui qui reste éveillé quand le monde dort, et peut endormir tant les hommes que les dieux. Appelé par Héra (l’épouse de Zeus) « maître des hommes et des dieux » en raison de cette toute-puissance, Hypnos endormit en effet le roi des dieux en personne à deux reprises, à la demande de celle-ci : d’abord pour tenter de faire périr Héraclès (fils de Zeus et de la mortelle Alcmène), ce qui lui avait valu le courroux du maître de l’Olympe ; il avait alors échappé de justesse à un

sévère châtiment grâce à l’intervention de sa mère ; durant la guerre de Troie ensuite, afin que Poséidon (le dieu de la mer) puisse aider les Grecs repoussés par Hector jusqu’à leurs navires : cette fois Hypnos refusa, puis finit par se laisser convaincre sur la promesse d’Héra de lui offrir la main de Pasithéa, l’une des Grâces dont il était amoureux ; se changeant en oiseau, le Sommeil vola jusqu’au mont Ida d’où Zeus regardait la bataille et l’endormit pour la seconde fois.
.jpg)
Hypnos a pour demeure une caverne éternellement sombre et brumeuse
traversée par les eaux du Léthé (le fleuve de l’oubli), que certains situent sur l’île de Lemnos, d’autres aux confins de la terre, vers le pays des Cimmériens où Hélios, le Soleil, ne brille jamais. Là, le dieu repose sur une couche molle, entouré de ses innombrables fils, les Oneiroi (les Rêves), dont le célèbre Morphée…
.jpg)
Tout le monde sait que la consommation excessive d’excitants provoque des
difficultés à s’endormir : café, thé, alcool, tabac sont les ennemis du sommeil. Le fait de trop manger (ou de ne pas manger du tout !), le manque d’activité physique (ou d’en pratiquer une trop intense !) peuvent être responsables d’insomnies occasionnelles ou aiguës.
L’insomnie est parfois aussi liée à des problèmes physiologiques :
-
nycturie,
-
syndrome des « jambes sans repos » (qui agace parfois considérablement la personne partageant le lit !),
-
apnée du sommeil…
Ils entraînent des fatigues importantes au réveil et nuisent à l’efficience quotidienne. Bruit, lumière agressive, décalage horaire, température ambiante incommodante n’arrangent rien !
Mais, dans un grand nombre de cas, dès qu’une perturbation émotionnelle survient, l’insomnie se déclare : alors que nous comptons (inutilement) les heures de sommeil qui nous manqueront, nous nous tournons dans notre lit, nous ruminons des idées noires (qui ne résolvent rien)… Il est l’heure de se lever quand nous nous rendormons !
Et quid de votre lit ? Un sommier de qualité médiocre, des oreillers qui soutiennent mal votre tête, un matelas non adapté à votre morphologie contribuent aussi à un sommeil agité. Combien de fois vous retournez-vous dans votre lit, en cherchant la meilleure position pour votre dos, pour votre tête, pour votre cou ?
.jpg)
Un bon sommeil résulte d’un équilibre complexe entre le corps et le cerveau : lorsque l’un des infimes rouages qui nous constituent se dérègle, nous pouvons être en proie à des insomnies qui s’installent de façon progressive ou brutale.
Dans notre prochain article, nous essaierons de donner quelques conseils simples à ceux qui souffrent de cette affection…
.jpg)
Le
manque de sommeil est souvent responsable de somnolence diurne, d’irritabilité, de nervosité, voire d’hyperactivité désordonnée.
Autant dire que les insomnies récurrentes affectent parfois sérieusement la vie quotidienne : manque d’entrain, baisse de motivation au travail et dans les loisirs, diminution de la concentration et des performances intellectuelles. Les troubles du sommeil altèrent la vie de couple dans plus de sept cas sur dix, réduisent la productivité d’un tiers des insomniaques et perturbent dans près de 25 % des cas les rapports avec leurs collègues.
Outre un dérèglement des relations sociales, les insomnies représentent une source de risques, aux conséquences quelquefois dramatiques : facteur de dépression, fatigue physique patente, capacité de réaction amoindrie, somnolence au volant induisant une augmentation de six à sept fois la probabilité d’un accident, et même désastres écologiques…
.jpg)
Après l’explosion nucléaire de Tchernobyl ou le naufrage du pétrolier Exxon Valdes, des enquêtes ont établi en effet que l’état de somnolence était l’une des causes ayant concouru à l’enchaînement des circonstances menant à la catastrophe. Par ailleurs, un sommeil déficient contribue certainement à prendre de mauvaises décisions : l’on sait ce qu’il advint des derniers choix stratégiques de Napoléon, dont la légende dit qu’il était un petit dormeur…
Privé d’un repos suffisamment réparateur, notre organisme est fragilisé et les insomnies, symptômes trop négligés, ont parfois de dangereuses répercussions sur la vie diurne. Ne les prenez pas à la légère !
Si le matelas est installé sur le sol (ou sur un autre support très rigide), alors le matelas et votre bien-être vont en souffrir :
-
Tout d'abord, l'effet d'amortissement généré par le sommier (environ 30% des efforts nocturnes sont supportés par le sommier),
-
Ensuite la durée de vie de votre matelas sera fortement réduite (mauvais support, frottements, etc).
-
L’aération et la ventilation de l’air autour d'un matelas est primordiale. Si le matelas est posé sur le sol, cette ventilation sera réduite et l'hygiène de couchage (moisissures possibles, microbes, acariens…) et le matelas se détériorera très vite.
Voici quelques raisons qui ne doivent pas vous faire hésiter, pour la qualité du sommeil, la durée du vie du matelas et l'hygiène il faut absolument poser le matelas sur un sommier tapissier ou sommier à lattes apparentes (munis de pieds pour sureléver et contribuer à la bonne ventilation, ou posés dans un cadre)
Existe-t-il une durée optimale du sommeil ? Non : à chacun son rythme. Certains ont besoin de peu de sommeil, d’autres de beaucoup, la durée idéale étant tout simplement celle qui va nous permettre de récupérer pour attaquer une nouvelle journée en pleine forme.
Le sommeil pour que le corps récupère
Parfois présenté comme une petite mort, le sommeil est bien au contraire un allié actif pour que le corps se restaure, se défende contre les agressions diurnes, voire les infections, fabrique des hormones et réactive la régénération cellulaire de la peau. En outre, il protégerait contre l’obésité… un paradoxe, penserez-vous, dans la mesure où les dépenses énergétiques sont faibles. Mais une réalité : la sensation de faim étant régulée par deux molécules (la ghréline stimulant l’appétit et la leptine induisant un effet de satiété), le manque de sommeil fait augmenter la production de ghréline et réduit celle de leptine.
Le sommeil est aussi un moment "de travail"
Être dans les bras de Morphée ne signifie pas non plus que le cerveau se repose. La preuve, nous rêvons durant les phases de sommeil paradoxal. Et nous travaillons ! D’après certains scientifiques allemands, les périodes de sommeil profond auraient en effet pour fonction d’aider les neurones à se concentrer sur les problèmes de la journée.
Inutile pour autant d’écouter des cours enregistrés pour tenter de les apprendre durant votre sommeil : la nuit, le cerveau est stressé par le bruit et vous ne gagneriez qu’à vous réveiller fatigué. En revanche, réviser avant de s’endormir est un excellent moyen de stimuler son cerveau et de renforcer sa mémoire.
Bien dormir est ainsi capital pour tout notre organisme : le corps recharge ses batteries, nous optimisons nos capacités intellectuelles. Mais si la nuit porte conseil, cela ne veut pas dire qu’il faille passer aussi… ses journées au lit !
(1).jpg)
Image 1 : Alexandre s’adonne à sa plus grande passion, la paresse, et se met au lit sans en bouger pendant plusieurs semaines. C’est même son chien qui lui apporte les provisions.
Image 2 : toile de Courbet (osée pour l’époque !)
Couple adultère, Thérèse et Laurent sombrent progressivement dans la folie après l’assassinat de Camille, le mari de Thérèse, noyé dans la Seine. Laurent, décrit par Zola comme un tempérament de brute, se brise dans un cauchemar récurrent au terme duquel, croyant étreindre sa maîtresse, il se heurte sans cesse au cadavre de Camille.

Thérèse, de nature plus nerveuse, précipite sa névrose en étant, elle aussi, visitée par le spectre de son époux : « Elle finit par laisser sa bougie allumée, par ne plus vouloir dormir, afin de tenir toujours ses yeux grands ouverts. Et quand la fatigue baissait ses paupières, elle voyait Camille dans le noir, elle rouvrait les yeux en sursaut. »
Enfin mariés, les deux misérables sont de plus en plus hantés par le fantôme de Camille, apercevant le malheureux dans chaque recoin de la chambre conjugale. L’objet central du roman devient désormais leur lit : « Les premières nuits, ils ne purent se coucher. Ils attendirent le jour, assis devant le feu, se promenant de long en large, comme le jour des noces. La pensée de s’étendre côte à côte sur le lit leur causait une sorte de répugnance effrayée. D’un accord tacite, ils évitèrent de s’embrasser, ils ne regardèrent même pas la couche que Thérèse défaisait le matin. »
Un soir pourtant, écrasés de fatigue, Thérèse et Laurent décident de se jeter sur leur matelas pour trouver un peu de repos… Mais la vision de Camille les sépare indéfectiblement dans l’horreur de l’acte accompli : « Lorsque les deux meurtriers étaient allongés sous le même drap, et qu’ils fermaient les yeux, ils croyaient sentir le corps humide de leur victime, couché au milieu du lit, qui leur glaçait la chair. […] La présence de cet immonde compagnon de lit les tenait immobiles, silencieux, éperdus d’angoisse. »
Épouvantés par la seule idée de se retrouver en tête-à-tête dans leur chambre, dans ce lit qui les condamne définitivement à la haine et à la souffrance, que reste-t-il à faire aux amants maudits, sinon s’anéantir dans une « crise suprême » dénouant les souvenirs et accordant l’ultime rémission ?
page précédente - page suivante